Le Château des nuages, Diana Wynne Jones

C’est avec le cœur encore enchanté par le premier opus (Le château de Hurle de Diana Wynne Jones publié chez Ynnis éditions) que je me suis plongée en douceur dans ce second tome, Le Château des nuages. Dès les premières lignes, l’autrice nous embarque loin du pays d’Ingarie, dans le sultanat du Rajpout où l’on découvre un nouveau personnage : Abdallah, un marchand de tapis un brin rêveur, qui se plaît à s’imaginer prince déchu promis à un grand destin (et à une belle princesse) pour s’évader face à la misère de son quotidien.  Jusqu’au jour où un homme étrange lui vend un tapis volant. Cet achat inopiné va entraîner notre héros dans des aventures improbables, avec ses rêveries comme fil rouge. Il va rencontrer une princesse dans des jardins somptueux, affronter des brigands du désert, être emprisonné par le sultan, trouver un génie dans une bouteille … Jusqu’à atterrir au pays d’Ingarie que l’on connaît bien. Ce roman se déploie comme un voyage onirique au cœur d’un univers qui évoque les mille et une nuits, dans une ambiance très conte de fées. Le héros, Abdallah, est un personnage simple, sans grande complexité mais j’ai beaucoup aimé sa propension aux flatteries qui donne lieu à des formules délicieuses dès qu’il s’adresse aux autres personnages. Fleur-dans-la-nuit, sa princesse, brille quant à elle par son intelligence et son caractère bien trempé.  Leur histoire d’amour est digne des contes : elle ne repose sur pas grand chose, quelques mots échangés, quelques regards et notre petit vendeur de tapis traverse le monde et brave des divinités pour la retrouver. C’est doux, c’est mignon et c’est même drôle par moments. Leur rencontre donne lieu à une discussion des plus cocasse car la princesse le prend pour une fille. Et leurs rendez-vous nocturnes dans les jardins recèlent une certaine beauté, en plus de présenter une certaine réflexion sur la liberté et la représentation (Fleur-dans-la-nuit n’a jamais vu un autre homme que son père et Abdallah se donne pour mission de lui montrer le plus de portraits d’hommes possibles pour qu’elle découvre que la gent masculine ne se résume pas à des quinquagénaires bedonnants). J’ai adoré l’idée de faire vivre au héros ses propres rêveries pour le manipuler, cela introduit le concept de fiction et son rapport à la réalité de façon très douce. Les révélations finales s’enchaînent dans les derniers chapitres et j’ai aimé découvrir que tous les personnages du premier tome étaient là depuis le début, sous diverses formes, même si cela devient un peu artificiel après la seconde révélation. Chapeau à Sophie qui devient mère mais que se trouve beaucoup moins à l’aise que le papa avec le bébé : à travers ce trio et le groupe de princesses enlevées, on traite dans ce livre du rôle et de la représentation des femmes et des hommes, de la mère, du père, de l’épouse, c’est très intéressant. Petit bémol pour les appréciations physiques du héros au sujet des filles, si vous êtes sensibles à la grossophobie vous pourrez être heurtés à trois reprises. Ce n’est pas le coup de cœur absolu du Château de Hurle, parce que le héros est moins attachant, que les thématiques traitées sont moins approfondies, qu’on voit moins Hurle, et qu’il y a moins de tension dramatique. Mais c’était une lecture agréable, toute douce, un peu farfelue, qui m’a fait voyager en Orient à travers un texte empreint d’onirisme. 

Il me tarde de découvrir le troisième tome de la trilogie qui sort bientôt et qui est déjà dans ma wishlist !

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Le château des nuages, la trilogie de Hurle 2

Categories: Lecture

Sandy

Les livres et les bonnes histoires m’ont toujours accompagnée. Dans mes loisirs, comme dans mes études. Après un baccalauréat littéraire, j’ai suivi ma passion jusqu’en licence de Lettres Modernes puis jusqu’en Master à l’intitulé nébuleux (Imaginaires et Genèses littéraires) après lequel j’ai pris une année de pause en pensant me consacrer à mes petits projets trop longtemps remis au lendemain avant de poursuivre mon cursus en thèse. Cette année fut d’une richesse incroyable, j’y ai appris énormément de choses et surtout j’ai entrepris ! J’ai lancé ma chaîne youtube, le présent blog, j’ai fondé Magic Mirror éditions, j’ai écrit mon premier roman et entamé le deuxième … Tant et si bien que la thèse attendra encore un peu

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