La non-annonce au papa | Journal de grossesse #1

Presque un an jour pour jour après avoir écrit l’article le plus douloureux de ce blog, je me retrouve à prendre mon clavier pour vous raconter ce qui s’est passé dans ma vie ces quatre derniers mois. Et c’est tellement plus lumineux, c’est l’article que j’aurais aimé rédiger à la même période l’année dernière. Il m’aura fallu une année entière de plus pour que ce rêve prenne enfin vie et que je puisse conjurer les malheurs de 2019. Nous y sommes, chers lecteurs ! C’est parti pour un petit retour sur la manière dont j’ai appris et annoncé ma grossesse.

La longue attente

Je ne vais pas m’étendre sur notre passé mais si vous ne me suivez pas depuis longtemps, pour remettre en contexte, mon mari et moi essayons de concevoir un enfant depuis deux ans et j’ai fait une fausse-couche à 13 SA l’année dernière, après être tombée enceinte au bout de neuf mois d’essais.

Je vous avais laissé là en juin, sur cet événement qui aura été assez traumatisant pour nous. Après ça, mes cycles sont revenus à la normale au mois de juillet et les essais ont repris. Et les mois rouges se sont enchaînés. Je ne sais pas pourquoi j’étais persuadée que je retomberais enceinte avant le mois de novembre (la date de terme de ma première grossesse étant prévue ce mois-là). Ça n’est pas arrivé et la fin d’année 2019 a été compliquée pour moi.

 Les mois ont défilé dans une sorte de torpeur contradictoire où je n’y croyais plus vraiment tout en ayant encore un espoir farouche. Et février est arrivé …

La découverte

En y repensant j’ai eu un symptôme précoce : je me souviens très bien avoir trouvé, un jour de février, que la peau de ma poitrine était extrêmement sèche (ce qui ne m’était jamais arrivé avant, à part lors de ma première grossesse) et m’être dit « Tiens, s’il faut je suis enceinte ». Mais j’ai bien vite écarté l’idée, épuisée à force de m’être fait des plans sur la comète au moindre signe les mois précédents.

Peu de temps après ça, on m’a programmé un scanner avec injection (vous comprendrez plus tard l’utilité de ce détail :p) et j’ai développé une sinusite maxillaire de la mort, pour laquelle on m’a prescrit un traitement carabiné. Sur chaque boîte de médicament il y avait un petit logo « INTERDIT AUX FEMMES ENCEINTES ».

Alors je ne sais pas si c’est un instinct enfoui ou juste une trop grande prudence, mais je savais que j’avais passé ma période d’ovulation depuis un moment et que j’avais une chance (même infime) d’être potentiellement enceinte. Alors je n’ai pas pris ce traitement (et j’ai souffert \o/). J’attendais mes règles pour les jours suivants et comme j’étais hyper régulière dans mes menstruations, je savais que je n’avais que trois petites journées à patienter pour pouvoir enfin me soigner sans culpabilité.

Sauf que cette fois-là, mes règles ne sont jamais arrivées. Alors j’étais persuadée que j’allais les avoir, il me semblait même avoir aperçu une vague trace rose annonciatrice dans le fond de ma culotte, mais il n’empêche que deux jours après la date prévue, elles n’étaient toujours pas là. J’étais malade comme un chien et … j’avais ce scanner à passer en fin de semaine, avec, vous l’aurez deviné, une jolie mention « INTERDIT AUX FEMMES ENCEINTES » sur la boîte du kit d’injection. Bref, il fallait que je sache, rapidement.

L’après-midi du deuxième jour de retard donc, n’y tenant plus, je me suis retrouvée à faire un test d’ovulation. J’avais lu je-ne-plus-où que certains pouvaient détecter l’hormone de grossesse et comme j’en avais un paquet à la maison, j’ai eu envie de tester. Sans trop y croire : ces petites bandelettes n’ont jamais fonctionné sur moi, j’ai eu beau faire pipi dessus pendant des mois, plusieurs fois par jour, je n’ai JAMAIS réussi à avoir les fameuses bandes roses et ainsi détecter une ovulation ( à tel point que j’en suis venu à demander à mon gynéco si j’ovulais bien).

Me voilà donc sur mes toilettes à fixer cette petite tige en carton, sans grande conviction. Et là, l’improbable, les bandes capricieuses que j’ai cherchées pendant des mois sont apparues.

Mes mains ont un peu tremblé quand je l’ai pris en photo pour l’envoyer à mon mari, je n’y croyais pas vraiment, mais, et si … ?

Un micro-espoir est né entre nous deux à ce moment-là, mais le mot d’ordre a été « On ne s’emballe pas, ça reste juste un test d’ovulation ». Ce soir-là quand on s’est retrouvé après le travail, il m’a convaincue d’aller chercher un vrai test en pharmacie. C’est ce qu’on a fait. Et comme je n’y croyais pas vraiment tout de même, je me souviens l’avoir fait dans la soirée sans attendre les urines du matin, alors qu’il préparait à manger. Le truc très informel quoi.  J’ai posé le test sur le comptoir de la cuisine et j’ai mis le couvert pendant les trois minutes d’attente. Rien de romantique, d’émouvant ou de spécial.

Et puis, même si j’évitais l’objet du regard, il a bien fallu se rendre à l’évidence : une belle croix bien nette avait fait son apparition. Je suis restée incrédule quelque temps. Lui aussi, je crois. On s’est pris dans les bras l’un de l’autre, sans rien dire. Et puis le bip annonçant la fin de cuisson des pâtes nous a ramenés à la réalité.

J’ai été envahie par un immense soulagement : je craignais que ça ne fonctionne plus jamais, j’avais déjà consulté un gynéco pour parler fertilité, obsédée à l’idée d’avoir un problème. Et ça avait marché. Soulagement donc, mais pas cette douce euphorie à laquelle je m’étais attendue. Bien vite, la peur de revivre une fausse couche a pris le dessus. A nouveau, on s’est promis de ne pas s’emballer, de ne pas trop y croire pour ne pas souffrir si jamais ça devait mal tourner.

Le lendemain, à la première heure, je suis allé faire la fameuse prise de sang. En rentrant je me suis arrêtée chez mes parents, incapable d’attendre pour leur en parler. De toutes manières je ne voulais pas cette fois-ci d’annonce originale, particulière ou marquante. J’avais seulement besoin d’une épaule pour soutenir mes angoisses et cette excitation qui mine de rien se montrait timidement.

Même si elle n’était pas encore bien réveillée, ma mère a tout de suite compris en me voyant si tôt, un pansement sur le bras. Je l’ai dit à mon père, et on a convenu que ça resterait un secret pour les mois à venir. Nous trois, mon mari et mes beaux-parents. Et c’est tout.

Le jour même, résultat de la prise de sang en main, je prenais rendez-vous chez mon gynéco. L’aventure commençait bel et bien …

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2 comments

  1. Salut,
    Je sais que tu l’as déjà annoncé sur Instagram, mais en lisant l’histoire de cette événement, je me sens encore plus heureuse pour toi. ( le moment d’attente avec les pâtes qui cuisent. ^^).
    Étrange alors que je ne te connais pas.
    Cela me fait juste plaisir.
    J’ai envie d’envoyer des confettis au-dessus de vos têtes…

    Bonne journée.

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