Un Palais d’épines et de roses #ACOTAR

Un peu comme pour Cinder (dont je vous ai parlé sur youtube et sur instagram, mais pas ici), j’entends parler d’Un Palais d’épines et de roses depuis très longtemps, sans avoir envie d’y goûter. Trop plébiscité, trop typé « littérature pour jeune-fille », sans parler du lien avec La Belle et la Bête que tout le monde a fait. Et puis, comme Cinder, il a fini par atterrir sur ma table de chevet.

Les premières pages m’ont parues sympathiques sans pour autant que le désir d’y revenir rapidement m’étreigne. C’est ainsi qu’après avoir entamé ce roman, je l’ai laissé de côté pendant quelques semaines sans réel remord.

Ensuite, la vie et son lot de malheurs ont frappé mon quotidien et j’ai eu un besoin viscéral de concentrer mon esprit sur autre chose. De m’échapper de moi-même. Je me suis accrochée à ce livre qui traînait près de mon oreiller sans me poser de questions. Et ACOTAR m’a sauvée.

Le premier tome de cette saga de Sarah J. Maas raconte l’histoire de Feyre, une jeune-fille rongée par la pauvreté et la famine qui se bat pour faire survivre sa famille miséreuse. Alors qu’elle chasse en forêt, près du Mur qui sépare le monde des mortels aux terres des immortels, elle tue un loup. Cette mise à mort va bouleverser sa vie car la créature était un Fae qu’une faille du mur avait laissé passer. Et c’est le Grand Seigneur de la Cours du Printemps en personne qui va venir chercher Feyre pour qu’elle purge sa peine : mourir ou vivre définitivement de l’autre côté du mur, parmi les terrifiants immortels au sujet desquels circulent les pires légendes …

J’aurais pas mal de choses à reprocher à ce roman. Feyre est un peu tête-à-claques, elle est têtue, elle a des réactions qui vont à l’encontre de la logique basique et elle n’écoute jamais ce qu’on lui dit (et ça arrange bien l’auteure pour développer son intrigue). Sarah J. Maas ne se gêne pas pour user de facilités, de raccourcis, d’étrangetés spatio-temporelles et de retournements prévisibles. Certains méchants sont caricaturaux au possible. Le fonctionnement de cet univers n’est pas très clair et on met du temps avant de comprendre qui est quoi et qui fait quoi. J’ai eu cette sensation de plaisir coupable devant une histoire qui, je ne saurais expliquer pourquoi, m’a semblé un peu Twilightesque sur les bords. Et bon dieu, Tamlin a une aura assez puissante pour que Feyre, sensée être paralysée par la peur, ne soit pas obligée de nous parler de ses muscles saillants à chaque fois qu’il apparait !

Malgré tous ces détails qui d’habitude me font sortir de ma lecture, j’ai dévoré ACOTAR, je n’ai pas pu le lâcher et quand j’ai dû le faire par nécessité, ça a été un véritable déchirement. Bien obligée de constater que la magie a opéré.

Feyre a beau être agaçante quand elle s’y met, la narration à la première personne permet de vivre cette aventure avec elle, au plus près. Elle en devient attachante dans ses défauts, dans ses faiblesses. On se sent immergés dans ce monde aussi beau que violent. On ressent avec Feyre la faim et l’urgence qui l’étreignent, on caresse du doigt la détresse qui fait trembler Lucien et Tamlin …

On est face à une vraie bonne réécriture de La Belle et la Bête. Le début de l’histoire est similaire et plus on avance, plus l’intrigue prend son envol et s’affranchit du conte qui l’a inspirée. On en reste proche dans la structure et dans les thématiques, et pourtant on s’en éloigne assez pour être surpris par des circonvolutions du récit qui figurent pourtant au programme de La Belle et la Bête (j’ai par exemple été surprise que Feyre rentre chez elle à un moment donné, je ne m’attendais pas du tout à ça avant de me souvenir que Belle rentrait bien chez son père avant le dénouement de La Belle et La Bête). On oublie parfois où l’on se trouve pour mieux y plonger par la suite. Et alors cette idée de faire de Feyre-Belle une personne illettrée pour réinventer son rapport aux mots et aux livres m’a tellement séduite !

J’ai été surprise de me voir confrontée à de la violence crue et à une certaine sensualité dans un livre que j’avais déjà catégorisé et rangé dans une case avant même de l’avoir lu. C’est surprenant mais pas dérangeant car l’on sent que c’est plus pour servir la véracité de ce qui est raconté que pour un fan-service peu subtil.

Le récit est rythmé, prenant et haletant. Pas de moment creux, aucun passage ennuyeux. L’auteure a ce sens l’image qui touche, qui marque et qui nous donne envie d’arpenter ce monde. Les forêts enneigées, cette somptueuse Cours du Printemps, ces Fae piégés sous leurs masques par la malédiction, la terrible Cours sous la Montagne … La passion de Feyre pour la peinture lui faire appréhender le monde par le biais des couleurs, des points de vues et des émotions que procurent certaines visions. Découvrir Prythian à travers ses yeux a été un pur délice.

Les personnages sont incarnés, on les imagine avec tellement de facilités ! Tamlin, Lucien et Rhysand sont aussi mystérieux qu’attachants, quand Amarantha est glaçante.

J’ai aimé qu’on soit, du début à la fin (ce tombé de masque de Tamlin *.*) dans la Belle et la Bête, et, qu’en même temps, on soit à des années lumières du conte originel tant Sarah J.Maas a imaginé un récit riche, qui vit par lui-même.

Ce n’est pas une surprise donc si je vous avoue être en train d’engloutir le second tome 😉

Vous aimerez peut-être aussi...

1 comment

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *