Un Palais de Colère et de Brume #ACOMAF

Il y a peu, je vous parlais du joli ACOTAR qui, en dépit de ses petits défauts, avait su me captiver. Comme pour confirmer mon amour pour cette histoire, me voilà de retour avec mon avis sur le deuxième opus que j’ai dévoré dans la foulée : Un Palais de Colère et de Brume !

Ce tome 2 m’a d’abord désarçonnée. On retrouve donc Feyre, de retour à la cours du Printemps, devenue Grande Fae après sa victoire face à Amarantha, sa mort puis sa résurrection. Elle a désormais toute l’éternité pour être heureuse avec Tamlin. Sauf que le prince mystérieux du premier tome s’avère être plus … compliqué à vivre, maintenant que la malédiction qui le frappait est levée.

Le début est un peu étrange, on aurait presque l’impression d’être dans un autre univers tant l’ambiance au palais de Tamlin est différente. Certes, il y a un fossé entre la vie sous le règne de la terrifiante Amarantha et le quotidien de tous ces Fae libérés mais de son joug, mais tout de même. J’ai été très déstabilisée par ce changement brutal d’atmosphère. Encore une fois je me suis agacée d’éléments de l’intrigue balancés comme ça sans explications et débrouille toi pour comprendre.

Je regrette que Feyre, désormais immortelle, n’ait pas une réflexion au sujet de la mort. N’est-ce pas vertigineux de se représenter l’éternité quand on a vécu en mortelle jusqu’à maintenant ? Quand elle rencontre le Graveur d’Os et qu’il lui pause des questions sur la Mort, j’ai cru que ce sujet allait être approfondi, mais niette.

L’intrigue est un peu bancale par endroits. Comme dans le premier tome, les personnages prennent des décisions illogiques pour que l’histoire avance, pour que le lecteur assiste à des scènes grandioses ou à des moments déchirants. Pourquoi ne pas juste demander sa moitié de livre à Tarquin ? Tout porte à croire qu’il aurait coopéré ! De même, pourquoi agir dans leur coin et ne pas exposer la situation aux autres grands seigneurs (spoil : on aurait gagné du temps sur le tome 3 !). Et pourquoi diable révéler l’existence de Velaris aux Reines Mortelles ? Il n’y avait vraiment pas d’autres moyens de montrer leur bonne foi ? Et ce plan foireux de la fin, on en parle ? Et Jurian qui sort de derrière les fagots ? Pourquoi Feyre vit si mal que ses sœurs soient devenues immortelles ? Quand on y pense c’est plutôt cool pour elle. Et d’ailleurs pourquoi diantre le Roi d’Hybern choisi les sœurs Archeron en sachant que le chaudron va probablement les changer en Fae (puisqu’il fait ça à la base pour prouver aux reines que ça fonctionne, donc à priori il y croit) ? Pourquoi pas des humains random ? Pourquoi donner à Feyre deux alliées de poids ?

Bref, je me suis arraché les cheveux à plusieurs reprises, et pourtant … Et pourtant j’ai dévoré ce livre en quelques jours, j’en ai rêvé, je n’ai pas pu le lâcher et il a fait palpiter mon petit cœur. Envolés les défauts et les failles, envolés ou excusés : après tout qui est parfait ? Rhysand comme le Roi d’Hybern ont aussi le droit de faire des choses débiles :p.

J’ai tellement aimé la faiblesse de Feyre au début : pour sauver Tamlin elle a dû tuer deux innocents en les regardant dans les yeux. Déjà, j’ai trouvé ça osé et bienvenu comme dénouement, j’avais peur que Sarah J. Maas lui fasse trouver une solution miraculeuse pour sauver tout le monde. Une héroïne qui fait des choix difficiles et qui n’est pas immaculée, c’est bien aussi. D’autant plus qu’elle doit affronter les fantômes du remords qui la hante et c’est finement pensé : dans ce genre de roman les protagonistes sont souvent confrontés à des situations très difficiles qu’ils oublient bien vite quand le soleil revient. Que Feyre soit hantée par les souvenirs de ce qu’elle a subit confère un certain réalisme psychologique qui fait plaisir à lire.

Si le premier tome revisitait avec brio La Belle et la Bête, l’inversion de ce second opus est tout aussi magistrale. C’est en libérant le prince de sa malédiction qu’elle a découvert le monstre qu’il dissimulait. Et celui que l’on croyait monstrueux dans le premier livre s’avère être tout à fait charmant … Ce retournement de situation m’a surprise et un peu frustrée au début (j’ai tellement aimé Tamlin dans le tome 1 !) mais finalement il est très bien amené. Tamlin ne se change pas en tortionnaire en claquement de doigts. Lui aussi est éprouvé par les événements survenus Sous la Montagne et sa peur de perdre Feyre font peu à peu de lui un être rongé par la possessivité. Il nous montre que l’on peut parfois faire du mal à ceux qu’on aime sans forcément le vouloir, que l’on peut prendre les mauvaises décisions sans le voir, juste parce qu’on aime trop fort et qu’on oublie de se mettre à la place de l’autre. Tamlin n’est pas foncièrement mauvais, mais ses agissements dictés par son amour trop fort le sont. Et j’ai aimé cette subtilité.

Dans un autre registre, j’ai aussi beaucoup aimé que Rhysand, que l’on finit par voir comme LE prince puissant, fabuleux, gentil et parfait soit marqué par une faille de taille : il a été l’esclave sexuelle d’Amarantha. Evoquer le viol d’un homme dans tout ce que ça peut avoir de rabaissant, et faire en sorte que l’aura du personnage n’en soit pas amoindri, qu’il ne soit pas une petite chose fragile, au contraire, c’est original et plutôt intéressant.

L’évolution de Feyre est aussi fabuleuse et emplie de véracité ! Le changement est lent, elle ne devient pas une héroïne en cinq minutes, elle conserve des faiblesses et des défauts. Tête à claque dans le tome 1, elle devient une amie que l’on a envie d’avoir dans ce tome 2.

Je parlais plus tôt des défauts de l’intrigue et des facilités, mais je pense que l’important de cette histoire réside dans ses personnages, dans leurs relations et dans les valeurs qu’ils portent. J’ai été peu confrontée à des personnages aussi touchants, aussi attendrissants. Même les personnages secondaires, qui apparaissent très peu, sont dotés d’un charisme fou, habités d’une vie incroyable pour des êtres d’encre et de papier. Pour moi, le talent de l’auteure réside ici.

On se délecte de la Cours de la Nuit, de Velaris, de scènes incroyablement grandioses comme la pluie d’étoiles ou l’étape de la cabane (si vous voyez ce que je veux dire :p). Mon cœur a battu, j’ai tremblé, j’ai frissonné avec Feyre, Rhys, Morrigan, Cassian, Azriel et Amren. Et ça outrepasse bien tous les petits défauts narratifs du monde.

J’avais adoré ACOTAR, et pourtant ce n’est qu’un prologue à l’histoire car le cœur de ce que veut nous raconter Sarah J. Maas commence à se déployer dans ACOMAF !

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