Marquise, néant littéraire ?

Un milliardaire excentrique qui se fait appeler le Marquis, une société secrète où l’on vit comme au bon vieux temps de Louis XIV, des personnages qui intègrent cette communauté et en découvrent les règles comme les failles … Il y avait TELLEMENT de possibilités, tellement de champs libres, tellement de marge pour faire de ce roman une tuerie. Le sujet était simple mais laissait toute la place pour développer une intrigue originale, funky, prenante, dotée d’une atmosphère baroque à tomber et de mystères affriolants.

Et pourtant … J’ai passé ma courte lecture les mains plaquées sur le front et la bouche ouverte par autant de niaiseries, de platitude, de néant, de WTF … Grrrrr. Après m’être face palmée pendant une bonne semaine, j’ai pris mon courage à deux mains pour revenir sur ces moments difficiles et vous expliquer le comment du pourquoi de mon aversion pour ce livre. Du moins, je vais faire de mon mieux.

Marquise, de Joanne Richoux, c’est pour moi l’illustration parfaite qu’une bonne idée sans un style d’écriture qui tient la route, ça vaut des clous (pour ceux qui en doutaient encore).

C’est subjectif mais je n’ai pas du tout, mais alors du tout, accroché avec l’écriture de l’auteure. Vulgaire, à côté de la plaque, aucune poésie, aucun moment de grâce où j’ai pu relire une phrase et me dire « Waouw c’est bien écrit quand même ». Alors je pense que c’est voulu, que c’est justement un type de style travaillé par Joanne Richoux (du moins j’ose l’espérer), mais clairement ça ne me plaît pas.

Ensuite … Et bien tout découle du style foireux, tout est du même acabit. Charlotte, l’héroïne que l’on suit à grand peine est aussi vide qu’une coquille de vieille moule. Le seul sentiment qu’elle a réussi à éveiller chez moi c’est un profond agacement. Son amour de toujours, Billy, n’est pas bien mieux loti. Et puis, leur histoire on n’y croit pas. Rien + Rien = Rien. Du coup difficile de comprendre, d’accepter toutes les choses débiles que va faire Charlotte pour suivre Billy. Je veux dire, qu’un personnage soit assez con bête pour accepter de subir une anesthésie générale pour se faire transporter sur une île secrète avec l’interdiction d’en parler à ses proches, sans aucune possibilité de retour une fois embarqué (genre jamais, jamais) et sans vraiment savoir ce qu’il va faire de ses jours sur cette foutue île, tout ça dans un univers qui se veut réaliste, j’ai du mal. Mais alors que le deuxième protagoniste se laisse aussi embarquer la dedans par amûûûr sans se poser de question, sans se dire que c’est louche et sans avertir personne, non je ne peux pas. Soit c’est pas réaliste, soit les personnages principaux sont des demeurés profonds. Dans les deux cas, ça coupe un peu mon plaisir de lecture voyez-vous.

Enfin bref. Une fois l’île rêvée investie, le lecteur subi un enchaînement de scènes toutes plus dénuées de sens et toutes plus plates les unes que les autres. On a du mal à entrer dedans, on a du mal y croire, on a du mal à s’investir émotionnellement auprès des personnages. Comme le livre vendait une société secrète où l’on vit comme à la cour de Versailles, je m’attendais à une esthétique léchée et à un vrai travail sur les ambiances, les lieux, les atmosphères. A la place de quoi tout sonne creux, tout sonne faux.

Les bases de l’univers ne sont pas posées correctement, les choses sont survolées, sans fondements, sans profondeur et sans saveur. Et c’est malheureux parce que avec l’idée de base, si l’intrigue avait été mieux construite, les personnages mieux dessinés et tout globalement mieux écrit, ça aurait pu être vraiment bien. La révélation finale est assez inattendue et méritait clairement d’être mieux utilisée (et de ne pas tomber comme un cheveu sur la soupe). Les quelques bonnes idées qui peinent à se dégager du lot (l’obsession de Charlotte pour les gommes, le fait de définir les gens par des parfums …) ne suffisent pas à rendre ce livre intéressant. Mais le potentiel de base était là. Je regrette vraiment qu’il n’ait pas été mieux exploité.

Voilà, c’est dit, je vais désormais m’empresser d’oublier ce roman \o/

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1 comment

  1. J’adore toujours tes critiques négatives ! :p En plus, au lieu de me désespérer d’ajouter à ma wish list un livre que je n’aurais jamais le temps de lire, je me dis gaiement que je vais gagner du temps à ne pas le lire.

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