Ma fausse-couche

Je croyais réussir à en parler facilement. Non parce que ce n’est pas douloureux, mais parce que en parler c’est le faire exister, c’est donner corps à ce que j’ai vécu, à cette vie qui a palpité en moi quand presque tout le monde s’accorde à me dire que « c’est rien ». Et pourtant, j’ai repoussé l’écriture de cet article jusqu’à aujourd’hui alors qu’un mois après, j’y pense encore tous les jours.

Je n’ai aucune idée de la manière dont je vais structurer ce témoignage, s’il va se déployer en plusieurs articles ou non … Je vais d’abord tâcher de vous raconter dans les détails ma fausse-couche, ce qu’il s’est passé et comment je l’ai vécu. Au besoin, je prendrais le temps dans d’autres billets de m’attarder sur des sujets plus précis (les réactions blessantes, ce qui m’a aidé à surmonter ça etc.)

Pour vous raconter cette histoire, autant commencer par le début. Si nous voulons des enfants depuis très longtemps, mon mari et moi, nous avons décidé d’arrêter toute forme de contraception au mois de mai 2018. Les mois ont été longs et la déception un peu plus grande à chaque retour de règles, mais le bonheur a fini par pointer le bout de son nez en février 2019. Après neuf mois d’essais, je suis enfin tombée enceinte, moi qui ne rêvait que de ça depuis des années. L’euphorie et le soulagement étaient bien présents malgré des débuts difficiles : la semaine où je découvrais ma grossesse, j’apprenais que j’avais été retenue pour un nouveau poste (avec donc le stress de débuter un nouvel emploi en étant enceinte) et un de mes proches faisait un grave AVC. Le premier trimestre a été chaotique à l’image de ces premiers jours : j’ai eu des nausées H24, j’ai beaucoup vomis, j’étais extrêmement fatiguée et le moral peinait à être au rendez-vous. Mais j’avais lu que c’était des symptômes courants, que c’était même bon signe alors j’étais contente.

A environ 7 semaines de grossesse, j’ai eu un premier rendez-vous chez le gynécologue qui me suis depuis des années, il m’a fait une échographie de datation et j’ai pu entendre le cœur de mon bébé. Tout allait bien. Il m’a dit de prendre rendez-vous pour l’échographie du trimestre 1 qui devait avoir lieu entre 12 et 14 semaines.

Sachant que mon gynécologue ne pratique plus les accouchements et que j’avais un projet de naissance physiologique, passé cette première consultation, j’ai choisi de me faire suivre ailleurs, au centre hospitalier de Hyeres (83) qui propose « Alternative », un parcours spécialisé pour les naissances naturelles. Tout était parfait. Après une réunion d’information, je planifie rendez-vous et échographie, la prochaine aura lieu le 6 mai (nous sommes alors début mars).

Tout va bien pour moi, mon ventre enfle de jour en jour, j’ai l’impression de sentir mon bébé par moment et les nausées commencent même à se calmer. Jusqu’à la veille de l’échographie.

Dernière photo de mon ventre, prise une semaine avant la fin.

Dans la soirée j’ai eu quelques douleurs qui pouvaient rappeler celle des règles. Avant d’aller me coucher, je passe aux toilettes et une odeur de sang m’intrigue. Quand je baisse les yeux et que je vois du rouge sur le papier toilette, le sol se dérobe sous mes pieds. J’essaie de garder mon sang froid quand j’appelle mon mari, mais je perds vite les pédales. Il est minuit, on fonce aux urgences du centre hospitalier de Hyeres. Durant tout le trajet je me répète que ça peut-être tout plein de choses, que ce n’est pas forcément ça.

Le médecin qui m’examine aux urgences est très rassurant. Il me dit que c’est fréquent en début de grossesse, que c’est surement un « spotting », que mon ventre est souple et que de toute manière si je perdais mon bébé j’aurais beaucoup plus mal que ça. Il me laisse repartir chez moi sans échographie et me dit de revenir lendemain pour l’écho du T1 comme c’était prévu. Je ne ferme pas l’œil de la nuit.

Le rendez-vous est en fin de journée. Je passe cette journée-là dans mon lit à prier qui veut bien m’entendre que tout aille bien et à envoyer de la force à mon bébé. Le moment de l’échographie arrive, je suis épuisée, à bout de nerfs, je pleure dans la salle d’attente. Dans la petite salle sombre, j’explique à l’échographe que je perds du sang depuis la veille au soir mais que les urgences m’ont dit que ce n’était rien. Il tique, me demande pourquoi les urgences n’ont pas appelé le service obstétrique. Je n’en sais rien.

Quand il a posé son instrument sur mon ventre, les secondes ont duré des heures face à son silence et cet écran tout noir. Au bout d’une éternité il me demande si tout allait bien lors de l’écho de datation. J’acquiesce. Il a l’air gêné.

« Madame, votre grossesse s’est arrêtée à 8 semaines ».

Alors que le monde s’écroule autour de moi, je ne trouve rien d’autre à lui répondre que « d’accord ». Et puis le chagrin me terrasse. Mon mari me prend dans ses bras pendant que l’échographe continue son inspection de mon utérus et plus rien n’a de sens.

Le sage-femme revient, je ne m’étais même pas aperçue qu’il avait quitté la salle. Il nous parle d’opération, d’un curetage qu’il faut me faire car je n’arriverais pas à évacuer le bébé toute seule : sa croissance s’est arrêtée quand son cœur a cessé de battre mais la poche gestationnelle et tout le reste ont continué de grandir. Je ne saisis pas bien toutes ces informations. Il nous demande si ça ne nous dérange pas d’aller en salle d’attente car il doit s’occuper d’autres patientes, qu’une gynécologue va nous recevoir.

On se retrouve donc dans une salle d’attente toute rose, entourés de femmes enceintes, seuls avec notre douleur dont on ne sait quoi faire. J’ai honte à ce moment-là, je ne veux pas que les futures mamans si radieuses me voient comme ça. Je cache mon visage entre mes mains. J’écris un texto à ma mère, je sais qu’elle attend de savoir si on a pu découvrir le sexe. Comment te dire, maman, qu’on ne saura jamais si c’était une fille ou un garçon ?

L’échographe revient, gêné. Il nous dit que la gynéco de garde ne va pas pouvoir nous recevoir, qu’elle est occupée. Mais qu’elle confirme son diagnostic : le sac est trop gros pour être évacué, il va falloir m’opérer. En revanche ils n’ont pas de chambre disponible pour cette nuit, je vais donc devoir rentrer chez moi et revenir le lendemain matin. Il me précise que si dans la nuit j’ai envie de pousser, si les contractions deviennent plus fortes, je vais devoir me rendre aux urgences d’un autre hôpital car je risque une hémorragie mais que, encore une fois, ici ils sont complets.

Mon cerveau ne fonctionne plus correctement alors je pose la question la plus bête de ma vie « Si jamais ça vient cette nuit et que je n’ai pas le temps d’aller aux urgences, est-ce que je risque de le voir ? », ce à quoi il me répond avec une légèreté incroyable « Oh mais vous savez, il est tout petit, vous ne verrez pas grand-chose ! ». Ce qui reste de mon cœur se brise à cet instant.

Cette nuit-là, de nouveau, je ne dors pas. Mon mari non plus. La douleur dans mon ventre s’intensifie comme le sang qui s’échappe de mon corps.

Dès les premières heures du jour nous nous retrouvons dans ce service tout rose, peuplé de couples heureux et de bébés en bonne santé. On s’annonce. La secrétaire à l’air dérangée de nous voir, elle soupire, souffle, nous dit que l’on n’est pas sur les plannings, que si elle croise le gyne de garde elle va voir ce qu’elle peut faire. Elle est froide et n’a pas l’air de se rendre compte que je souffre. Atrocement. Retour en salle d’attente.

Je commence à avoir les idées plus claires que la veille. Et ce n’est pas mieux. Le choc de l’annonce anesthésiait un peu la douleur. Elle n’était qu’une immense masse noire qui avait tout détruit en moi. Désormais elle se fait plus précise, et la lucidité ne la rend que plus hideuse. Je pense à mon bébé, que je porte mort en moi depuis plus d’un mois. J’en veux à l’univers, j’en veux à la terre entière mais j’en veux surtout à mon corps qui n’a pas su réagir. Comment ai-je pu le porter tout ce temps sans me rendre compte qu’il n’était déjà plus là ? Je ne comprends pas.

Une quarantaine de minutes plus tard mon mari retourne voir la secrétaire pour lui demander si ça avance, car j’ai de plus en plus mal et je perds de plus en plus de sang. Elle le renvoi sèchement, on n’est pas sur les plannings, je vais peut-être être opérée ce soir, demain ou en fin de semaine, un peu de patience ! On décide de quitter cet endroit et de nous rendre dans la clinique où officie mon gynécologue.

Ma mère nous a précédés et a expliqué mon cas aux secrétaires de mon gynéco. Elles lui ont dit de nous rendre directement au bloc obstétrical. Ma maman m’y conduit pendant que mon mari chercher à se garer, je tiens à peine debout.

Nous sommes accueillies par des sages-femmes à qui je dois raconter ce qu’il m’arrive. Celle à peine plus âgée que moi lève les yeux au ciel en sortant un gros agenda « Non mais attendez, vous pouvez pas débarquer comme ça, il va falloir prendre rendez-vous ».  Je m’effondre. Je crois entendre ma mère dire qu’on ne quittera pas cet hôpital tant que je n’aurais pas été opérée. En soupirant, la sage-femme nous conduit jusqu’à une salle où elle nous demande de patienter. Je réalise avec horreur que c’est une salle d’accouchement.

L’attente est longue. Je souffre. Je n’ai qu’une envie : qu’on retire cet être sans vie de mon corps, que tout ça s’arrête.

Elle finit par revenir et par nous annoncer de mauvaise grâce que mon gynéco n’arrivera que dans l’après-midi, qu’il prendra lui-même la décision quant à ce qu’il adviendra de moi. En attendant on va m’attribuer une chambre. Premier soulagement.

Ils ont la gentillesse de ne pas me faire séjourner en maternité, ma chambre se trouve au service urologie. Les infirmières qui me préparent à l’opération sont les premières personnes médicales à être compatissantes. Elles sont douces et m’assurent que même si je ne suis pas opérée aujourd’hui, ils ne me laisseront pas rentrer chez moi dans cet état. Je suis terrorisée à l’idée de passer encore une nuit blanche à trembler dans mon lit.

La journée est longue. On me fait voir un anesthésiste, on m’annonce que l’opération aura bien lieu en fin d’après-midi. Entre deux visites des infirmières, j’ai la mauvaise idée d’ouvrir la pochette donnée la veille par l’échographe. Il est là, couché au fond de mon ventre comme s’il dormait, je distingue sa tête, ses bras et ses jambes.

Quand une brancardière vient me chercher pour me descendre au bloc, je sourie à ma mère et mon mari. Je veux leur laisser une image positive. J’attends que la porte se referme pour laisser couler mes larmes. La jeune-femme qui pousse ma chaise roulante ne dit rien mais pose sa main sur mon épaule et ce geste simple me donne du courage.

Arrivée aux sous-sols de l’hôpital, je suis frappée par le froid qui y règne. Je grelotte tandis que mon fauteuil passe de main en main et que l’on me transporte à travers des couloirs glacés. On se croirait dans une usine. Il y a des docteurs de partout qui rentrent et sortent des différents blocs, des infirmières, des brancardiers et beaucoup de bruit. La peur me tenaille le ventre.

On me dépose dans un coin, à côté d’autres patients en chaise roulante, sans me dire ce que je dois attendre. J’ai du mal à retenir mes larmes alors je tourne ma tête au maximum, je ne veux pas que les autres me voient pleurer comme une enfant. J’ai froid et je suis terrifiée.

Une infirmière passe, feuillète le dossier qui est accroché à mon fauteuil et s’agenouille devant moi en me disant : « Ah mais c’est vous ! » comme si elle m’attendait. Je ne vois pas son visage derrière son masque chirurgical, seulement ses yeux bleus emplis de compassion, comme si elle me comprenait. Je fonds en larme.

Elle me conduit jusqu’à un bloc préparé pour mon opération. Au centre trône une table avec des étriers. Et par terre, entre les deux, une petite bassine avec un sachet « Déchets organiques ». C’est donc là-dedans que mon bébé va finir. J’ai envie de vomir.

Les deux infirmières qui s’occupent de moi sont d’une bienveillance incroyable et je crois que c’est ce qui m’a empêché de sombrer complètement à ce moment-là. Une d’entre elle s’occupe des vérifications classiques et vient le moment où elle me demande, en s’excusant, d’énoncer l’opération que je vais subir. Je bredouille quelques mots entre mes sanglots. Elle pose ses mains sur mes épaules et me dit de tout lâcher, de laisser aller ma peine, que j’ai le droit de pleurer. J’ai l’impression de respirer pour la première fois depuis trois jours.

Le gynécologue met du temps à arriver alors les deux infirmières me parlent, me posent des questions sur moi, me disent qu’elles comprennent ma douleur mais que ça ne veut pas dire que je n’aurais pas d’enfant un jour. C’est la première fois depuis le début de ce cauchemar que j’ai la sensation d’être un être humain et pas seulement un cas.

Le docteur arrive, sans un mot pour moi. Mes pieds sont coincés, attachés jusqu’aux mollets aux étriers et je le sens déjà entre mes jambes. Je panique à l’idée qu’il commence à faire quoi que ce soit avant que je sois endormie. L’infirmière me prévient qu’elle m’injecte l’anesthésiant. Crise de larmes. J’ai beau sentir le liquide froid ramper dans mes veines, le sommeil ne vient pas. On m’invite à me calmer, on me demande de ne pas lutter. La réalité commence à se déformer sous mes yeux et je m’endors enfin, accrochée à cette pensée : ce sont les dernières secondes que je passe avec mon bébé dans mon ventre.

Quand je me réveille, j’ai le visage inondé, de larmes j’imagine vu les mouchoirs qu’on a laissé à portée de ma main. Avant même d’ouvrir vraiment les yeux, les tentacules du sommeil vaseux dans lequel j’ai été plongée me font poser une question qu’on ne pose pas : « Est-ce que vous avez vu mon bébé ? Comment il était ? ». On ne me répond pas.

Je suis bien réveillée. La douleur me cisaille le ventre. Je le dis à une infirmière qui passe près de moi. Elle ne me répond pas mais à la place écarte le drap et ma culotte, sans me prévenir. J’ai honte. Je me retrouve à espérer que les autres patients à côté de moi soient assez endormis pour ne pas avoir vu mon intimité.

J’ai froid, j’ai mal, j’ai l’impression de me vider de mon sang par en bas et je me sens terriblement seule. Et vide. Parmi les infirmières j’aperçois une amie du collège que je n’ai pas vu depuis plusieurs années mais avec qui j’ai gardé contact sur facebook. Je me raccroche à ce visage familier comme à une bouée de sauvetage. Elle échange un regard avec moi, je sais qu’elle m’a reconnu. Mais elle ne viendra pas me voir.

Après deux ou trois autres vérifications froides de mon entre jambe, on m’annonce que je vais pouvoir remonter en chambre. Je retrouve alors mon mari et ma mère. Ils m’attendaient depuis plus de trois heures sans avoir eu de nouvelles.

Mon séjour post-opératoire a été un peu chaotique. J’ai eu très mal au ventre au début et je perdais beaucoup, beaucoup de sang. Une aide-soignante me disait que je ne sortirais pas tant que je saignais, une autre que c’était normal. Aucun médecin n’est venu me rendre visite pour me dire comment l’opération s’était passée et ce qui allait arriver ensuite. Après plusieurs plaintes à propos de la douleur, on m’a donné un doliprane. Et puis on a fini par me porter un petit médicament en me disant qu’avec ça mes saignements devraient s’arrêter, et que si c’était le cas je pourrais rentrer chez moi.

J’ai été un peu bête de prendre ce cachet sans poser de question, mais j’avais tellement envie de rentrer. Un peu après l’ingestion les crampes au ventre s’accentuent terriblement et le flot de sang s’intensifie encore. Mon mari regarde sur internet : j’ai pris un médicament qu’on donne pour déclencher les avortements médicamenteux.

J’ai fini par rentrer à la maison. Dévastée. Sans arrêt de travail (j’ai dû aller en demander un à mon généraliste). Sans information sur la suite (Quand reprendre les essais bébé ? Quand est-ce que mes règles vont revenir ? Est-ce que c’est normal d’avoir mal ?). J’ai saigné pendant vingt jours, j’ai eu des montées de laits et j’ai cru que je ne m’en remettrais jamais.

Le retour à la vie sociale a été très compliqué. Je ne voulais plus voir personne. J’avais honte, je voulais me cacher. Je ne voulais pas en parler, je ne voulais pas que les gens viennent salir le souvenir de cette grossesse qui aura duré quatre mois. Mais ce qui devait arriver arriva. J’ai eu droit aux « Ce n’est rien », aux « Tu as le temps d’avoir des enfants, tu es jeune ! », aux « Ça arrive à tout le monde, ce n’est pas si grave, il y a pire », aux « C’est mieux comme ça, c’est qu’il ne devait pas arriver », aux « Dis-toi qu’il avait une anomalie » … A toute une flopée de gens qui se sont permis de me donner leurs avis et leurs conseils sans que je leur demande. « Tu ne dois plus y penser, profite de la vie », « Ne te renferme pas sur toi-même, déjà que tu ne parles pas beaucoup … ». J’ai aussi eu droit au silence de certains de mes amis qui ont attendu trois semaines avant de me contacter ou qui m’ont soigneusement évitée. J’ai eu cette sensation d’être une pestiférée, comme si ma fausse couche pouvait être contagieuse, comme s’ils ne savaient pas comment réagir face à ma douleur alors ils ont préféré l’ignorer.

Les semaines qui ont suivi ont été très dures. Je me sentais sale, désespérée, au fond du trou. En miettes. J’enrage encore quand quelqu’un me dit que ce n’est rien. Ce n’était pas rien. Cet enfant, je l’aimais déjà même avant de le concevoir, j’avais entendu son cœur battre. Il a existé. Ce n’était pas juste un amas de cellules que l’on jette dans un sac à déchets organiques. Ça ne peut pas être « rien ».

Je me suis posée 100 milliards de questions au cœur de la nuit, quand le creux dans mon ventre se faisait trop bruyant. Est-ce que c’est ma faute ? Qu’est-ce qui a pu se passer ? Est-ce que ça va se reproduire ? Est-ce qu’il est quelque part, est-ce que quelque chose de lui a survécu ? Et puis, quelques jours après mon séjour à l’hôpital, j’ai fait un rêve saisissant de clarté : en salle de réveil, une infirmière répondait à ma question et me disait qu’il était figé dans un sourire, qu’il souriait au moment où son cœur s’est arrêté de battre.

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6 comments

  1. Ce récit m’a brisé le coeur et je suis vraiment, vraiment désolée que vous ayez dû traverser tout ça.
    Je ne sais pas trop quoi dire, à part que vous avez fait preuve d’un courage incroyable durant cette terrible épreuve et aujourd’hui encore, au travers de ce texte, vous êtes très courageuse. Si seulement plus de personnes avaient pu faire preuve de compassion avec vous…
    J’espère de tout cœur que la vie sera plus douce avec vous à l’avenir.
    Tout mon soutien.

    1. Je ne sais pas si on peut appeler ça du courage : je n’ai pas vraiment eu d’autre choix que de faire face à ce qui m’arrivait. Merci beaucoup pour ces quelques mots qui adoucissent ma peine 🙂

  2. Coucou ma belle,

    J’ai trouvé ton témoignage émouvant sur sur tes mésaventures, Le premier trimestre est loin d’être facile et agréable. Mais on a toutes des impressions ( le sentir bouger, sentir son petit cœur battre, etc) alors qu’on commence à sentir les mouvements dès 4-5 mois de Grossesse.

    Je suis outrée par le fait que des personnes puisse dire « Les fameux mots qui t’enragent et que je ne dirais pas » car au moment de la conception il a de la vie qui se forme et ensuite quand le cœur commence à battre j’estime que c’est une être vivant que et qu’il mérite de vivre. C’est l’un de mes principes que je suis fière d’avoir respecté.

    Dans la vie, il y a des hautes et des bas mais il ne faut jamais baisser les bras. Quand vous vous ressentirez prêts, vous retenterez. Je suis sure que tu arriveras à devenir « MAMAN » et que tu seras la « MEILLEURE MÈRE AU MONDE » aux yeux de ton enfant et ceux de ton cher et tendre époux, malgré les doutes qui te rongeront.

    Et non les FC ne sont pas contagieuses, elles se produisent ou X ou Y raison et personne n’est à l’abris quelque soit la grossesse . Dis toi que ça peut arriver à n’importe qui mais il faut éviter de culpabiliser, de se sentir rabaissée, humiliée, etc.

    Tu est forte et tu feras une merveilleuse maman .

    Gros bisous

    1. Coucou Prescillia, je ne sais quoi te dire sinon :merci infiniment pour ta compréhension et ta gentillesse. Le sentir bougé je pense que ce n’est vraiment qu’une impression, en revanche j’ai vraiment écouté son coeur pour de vrai lors de la première écho et c’est ça qui est difficile 🙁

  3. Je voulais prendre le temps avant de poster un commentaire. Peser les mots. Trouver les paroles justes, celles qui apporterons un peu de réconfort. Et puis,non. Je crois qu’il n’y a pas grand chose que je puisse dire ou faire qui vous aiderons à surmonter cette épreuve. Ce que tu as vécu a été extrêmement violent et traumatique et c’est à toi de faire ton deuil maintenant. De la manière qu’il te plaira.
    Mon expérience n’a pas du tout été similaire. En 2013, ma grossesse s’est arrêtée au bout d’un mois et demi. Un œuf clair. Je ne me souviens pas avoir eu mal. Et même si j’étais réellement terrorisée, j’ai vécu mon curetage comme une délivrance. Et je mesure en l’écrivant, toute la symbolique de ce mot dans ce contexte. Ce qui a été difficile pour moi, c’est que les choses ont traîné. Longtemps.
    J’ai eu des premiers saignements. Juste des traces, rien de méchant, d’ailleurs, jusqu’à ma visite chez le gynéco, je me suis pas vraiment inquiétée. Mais à sa tête lors que l’échographie, on comprend que quelque chose ne va pas. Elle ne dit rien pourtant. Et nous demande de revenir une semaine plus tard pour contrôler l’évolution. Une semaine à se ronger les sang, à tout imaginer pendant que je continue de saignotter légèrement. Ensuite une nouvelle échographie. « bon cette grossesse n’évoluera pas, c’est un œuf clair ». Je m’effondre, les pieds encore dans les étriers (parce que l’écho s’est faite par voie ando vaginale). Tout les espoirs, touts ce qu’on avait pu imaginer et projeter pour ce bébé, envolé, pfiout. Et pire que tout c’est le regard surpris de la gynéco. Elle ne comprend pas ma douleur, pour elle c’est banal, ce n’est rien. Elle n’aura d’ailleurs aucun mot de compassion, si ce n’est « vous savez au moins une grossesse sur trois n’arrive pas à terme, il n’y a rien d’exceptionnel la dedans ». Alors le fait est que je saigne, elle suppose qu’il se décrochera tout seul. Il n’y a rien à faire. Elle me renvoie chez moi. Je doit la prévenir s’il n’y a pas d’évolution. Et donc j’attends, d’évacuer cette grossesse dans les toilettes comme un vulgaire déchet. Mais il ne se passe rien.On a beau appeler régulièrement, j’attendrais encore 15 jours avant que la décision du curetage soit prise.
    Au final, je suis restée plus de 3 semaines avec ça dans le ventre.
    Je suis allée relire l’article du blog que je tenait à l’époque. Je suis surprise des réflexions que j’avais alors :

    « C’est si banal finalement. Pourquoi rien ne nous y prépare? ça devrait être écrit sur les tests de grossesse: Attention un test positif ne garantis pas l’issu de la grossesse.
    On a beau savoir que le risque plane, rien ne vient tempérer cette explosion de bonheur à la découverte du +. Et la chute est d’autant plus douloureuse.
    Alors quand j’ai pu voir sur l’écho que rien n’avais évolué alors que j’aurais déjà du voir un petit quelque chose, j’ai eu un choc.Un mois d’espoirs, de rêves et de bonheurs réduit à néant. D’abord, la culpabilité. Qu’ai-je fais de mal pour ce que ça ne marche pas? A cause de moi, le Monsieur ne sera pas papa. Pas encore. Viens ensuite un drôle de sentiment. J’ai l’impression d’avoir vécu dans l’imposture. Je me suis crue en voie de devenir maman, ce n’est pas le cas. Même si nous en  avions parlé à personne, je me sentais enceinte, je vivais en femme enceinte. Je décrivais mes symptômes au Monsieur avec ravissement, j’étalais mes envies avec plaisirs. Tous ça de quel droit? Mon corps m’a mentis, je me suis mentis. Je n’attend pas de bébé. Il n’y a rien de concret. Juste un œuf, qui n’évoluera pas. Je ne suis pas réellement enceinte. Mon ventre est vide. Finalement ça porte bien son nom. Une Fausse couche. On y a cru, mais c’est faux., ce n’est qu’une imposture, un pastiche de grossesse, du vent.  »

    Je me trouve bien dure avec moi même. Pourtant je peux te le dire, on s’en remet. On avance.On essaye a nouveau de faire un bébé. On est heureuse mais aussi terrorisée quand le test est à nouveau positif, on tremble à chaque échographie, mais ça finit par marcher.
    Mais si il y a une chose que je voulait te dire, c’est que non je n’est pas rien. Oui c’est vrai, il y a plus grave. Il y a toujours plus grave. Mais personne, n’a la droit de te dicter tes sentiments ou de minimiser ta douleur. Tu as le droit d’avoir mal. Tu as le droit d’être en deuil. Tu as le droit d’être en colère. Tu as le droit de t’être sentit mère, et le ressentir encore. Tu as le droit aussi de te sentir mieux et de passer à autre chose. Tu as le droit de le vivre comme tu en as envie, comme tu veux, et comme tu peux. Tu as le droit de vouloir t’isoler ou au contraire d’en parler le plus possible. Tu as le droit de vouloir attendre avant de reprendre les essais ou au contraire de reesseyer le plus vite possible. C’est ton corps. Tes espoirs. Tes projections ma maternité.
    C’est une épreuve, affreusement banale mais parfaitement unique pour toi. Alors, non.Ce n’est pas rien.

    J’espère de tout mon cœur que les choses s’amélioreront, que ton mari aussi va bien ( parce qu’il ne faut pas minimiser non plus l’épreuve que c’est pour lui) et que votre désir de parentalité s’accomplira bientôt.

    Prenez soin de vous.
    Je vous embrasse fort et vous envoie toute l’énergie possible pour que les choses aillent comme vous le souhaitez.

  4. Coucou Marie. Je ne pourrais que te remercier pour tes mots et aussi pour ta discrétion quand j’ai eu besoin de faire ma sauvage et de m’enfermer, j’espère que tu ne m’en veux pas pour ça d’ailleurs.
    Je n’avais pas osé te poser davantage de questions quand tu m’avais parlé de ta première grossesse et j’ai encore moins osé quand la mienne a mal tournée. Je suis désolée pour toi. J’imagine a quel point ça a du être horrible à vivre. Je n’ai passé « que » trois jours en ayant conscience que la grossesse était terminée avant mon opération et ça a été très dur alors tout ce temps … Ma maman a fait un oeuf clair quand j’étais petite, j’avais 3 ans et ça l’a tellement traumatisée qu’elle a mis 5 ans avant de parvenir à refaire un enfant (d’où la différence d’âge avec mon frère).
    Nos expériences sont différentes mais j’ai ressenti exactement le même sentiment d’imposture que toi. Et je me retrouve tellement dans tes mots ! J’ai eu l’impression d’avoir joué à la maman, à la dînette. Surtout auprès des personnes à qui j’avais annoncé cette grossesse. Ça m’a beaucoup diminuée moralement.
    « Violent », c’est bien le mot que j’aurais utilisé pour décrire ce que j’ai vécu. J’ai l’impression d’avoir perdu quelqu’un. Avoir entendu son coeur battre, avoir chez moi cette dernière écho où on le voit, où on discerne ses membres mais où il n’est déjà plus là … C’est très difficile. Et ça l’est d’autant plus que tout le monde me dit « ce n’est rien ». J’ai l’impression qu’on me dit par là que mon bébé n’était rien, comme le criait cette poubelle à déchets organiques, alors qu’il a existé, son coeur a battu pendant 8 semaines. Cette sensation qu’on nie son existence est affreuse et en même temps j’ai l’impression d’être trop sensible, d’en « faire trop », comme tu dis c’est une expérience banale, ça arrive à plein de monde, ce n’est pas grave en soi. Alors j’ai l’impression d’être une fillette capricieuse a pleurer cette grossesse encore un mois plus tard.
    Tes paroles et celles de cette infirmière au bloc, « Tu as le droit de pleurer, tu as le droit d’être triste » sont de loin celles qui me font le plus de bien.
    Merci <3
    (et je ne savais pas que tu tenais un blog :o)

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