Cher monde du livre

Cher monde livre, je pars. Je t’aime, mais je pars. Je te laisse comme on quitte le foyer de son enfance : avec une farouche envie de me détacher de toi, de vivre par moi-même et pourtant déjà submergée de nostalgie.

Tu as longtemps été une évidence pour moi. A l’heure des premiers choix, je t’ai privilégié. Pour les suivants aussi, tu m’as attirée comme un phare dans la tempête noire de l’orientation professionnelle. Je t’ai exploré par tous les chemins à ma portée, et j’ai même taillé quelques sentiers dans ta broussaille.  Je t’ai consacré cinq années de vie universitaire qui gardent précieusement mes souvenirs les plus palpitants. J’ai créé ce blog à ta gloire et une chaîne Youtube qui, à défaut d’être toujours alimentés de façon très régulière m’ont montré que j’étais capable de sortir de ma zone de confort et m’ont fait croiser la route de personnes merveilleuses. Et puis Magic Mirror est né de mon amour pour toi, de mon besoin de faire partie à part entière de ton univers. J’ai été libraire pour mieux te comprendre, j’ai été bibliothécaire pour mieux t’embrasser. Ensemble, toi et moi, nous avons fait tellement de choses. Tu m’as fait lire, tu m’as poussée à écrire, tu m’as appris à rêver.

Tu m’as aussi enseigné la patience, la résilience. Tu m’as épuisée parfois. Tu m’as agacée avec tes rouages complexes, tu m’as presque découragée avec la galerie de personnages antipathiques que tu abrites. J’ai souvent eu envie de claquer tes portes et de ne plus jamais revenir vers toi. Mais je ne l’ai jamais fait, car on ne quitte pas à la légère l’endroit où l’on a grandi. Je t’aime autant que je te déteste. Parfois tu m’effraies et tu me parais trop grand pour moi quand, à d’autres moments tu es le pilier qui me maintient debout. Je t’ai confié mes plus belles joies et tu as balayé mes plus grandes peines à force de douceur.

Toi et moi nous savons, nous le sentons venir depuis quelques mois. Tu vois bien que je m’éloigne, que mes absences sont de plus en plus longues. Mais je suis plus apaisée, moins catégorique qu’avant. Je ne veux plus partir loin et ne plus entendre parler de toi. Je veux seulement sortir de ta bulle et aller à l’aventure. Parce que tu m’as donné tout ce que tu pouvais et que j’ai appris tout ce que tu as pu m’offrir. Désormais j’ai besoin de prendre mes distances. De grandir par moi-même. D’explorer des mondes hors de ta portée.

C’est difficile à formuler. Comme une enfant, j’ai longtemps cru qu’il n’y aurait que toi, que tu suffirais à mon bonheur. Aujourd’hui je réalise que mes aspirations sont ailleurs et je me prépare au grand départ. Je sais qu’il y aura toujours une chambre pour moi entre tes pages et j’y reviendrai, pour Magic Mirror, pour partager mes lectures ici ou sur les réseaux sociaux. Comme on revient chez ses parents aux moments importants ou seulement en passant le soir pour boire un café. Je ne pars pas loin, tu m’auras toujours dans ton champ de vision parce que tu constitues mes racines. Mais, c’est décidé depuis longtemps déjà, je pars.

Cher monde du livre, merci pour tout.

Ce n’est qu’un au revoir.

Dès le mois d’octobre suivez le pas à pas de ma reconversion professionnelle !

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