Aeternam Opéra, l’opéra des Errants

Aeternam Opéra de Laetitia Arnould a trôné fièrement en haut de mal PAL plusieurs mois avant que je ne me décide à en pousser les portes. Non pas qu’il ne m’attirait pas, mais j’ai attendu le moment propice. Un beau matin, cette lecture s’est imposée comme une évidence et je m’y suis plongée avec délice.

 

 

L’Opéra des Errants, c’est l’histoire de Gabriel, un artiste un peu maladroit, solitaire et mélancolique qui, le soir de Noël, s’égare dans les rues de Montmartre jusqu’à pousser la porte d’un lieu étrange duquel il ne pourra plus sortir : Aeternam Opéra. Cet Opéra secret et souterrain s’étend sous toute la capitale française et abrite des artistes de toutes les époques qui, comme notre héros, sont entrés par hasard et se sont retrouvés coincés entre ces murs teintés de magie. Gabriel croisera le chemin de nombreux personnages mais on retient surtout la douce ballerine Romane, et l’inimitable Maraudeur, Julien. Ensemble, ils vont tenter de retrouver la trace du Sweeteldy Cat, cet animal légendaire, créateur de l’opéra, qui pourrait leur permettre de rouvrir les portes et libérer les Errants. C’est sans compter l’horrible Marius qui n’a de cesse de rayer des noms sur sa liste maudite, sous les ordres du Maître du Temps …

Dès les premières pages, j’ai eu l’impression de me retrouver dans un tableau à la Dickens, avec cette ambiance de Noël, cette mélancolie qui arpente les rues, la neige et le merveilleux sous-jacent … Et puis dès que Gabriel pénètre l’Opéra, je me suis retrouvée dans une sorte de Alice au Pays des Merveilles revisité, plus adulte, moins loufoque mais tout aussi féerique avec cette recherche éperdue de ce chat magique qui se fait désirer et toutes les légendes qui courent dans les couloirs de l’Opéra. Laetitia Arnould a ce sens de l’appellation qui me touche particulièrement : l’Antichambre du Temps, la Caverne des Monstres Endormis, le Mont des Vœux … Autant de lieux qui sonnent déjà mythique quand on en lit le nom pour la première fois et qui font effectivement partie intégrante de la mythologie de l’œuvre.

J’ai adoré cette idée de huis-clos où se retrouvent piégés des protagonistes d’époques différentes. C’est tout bête, mais ça offre tellement de possibilités au développement de l’intrigue !

C’est un roman qui date un peu et, quand on connait l’écriture de l’auteure, cela se sent un peu. Il y a quelques incohérences, quelques zones d’ombres. La faille majeure que je lui reproche c’est un trop plein de personnages, de détails et d’informations qui ne sont pas utilisées dans le récit (par exemple, on insiste sur le fait que Julien soit un maraudeur et vole des objets mais ses chaparderies ne servent à aucun moment l’intrigue et on ne le voit pas voler, les personnages font un micro voyage dans le temps et cela ne semble pas avoir de conséquences etc.). Mais au final, ce que je retiens, c’est que quand j’ai refermé le livre après près de 450 pages, je me dis « Non, pas déjà ? » et pendant plusieurs jours l’ambiance de ce roman m’a littéralement hanté. L’atmosphère y est très prégnante et elle émane des pages même après la lecture. On a envie de s’y couler, de prolonger le plaisir de ce monde à la fois effrayant et enfantin, peuplé de pantins démoniaques et de chats féeriques. L’univers hermétique de l’Opéra est magique et onirique.

 

La narration se déploie comme une chorégraphie de ballet, on assiste à beaucoup de déplacements, des chassés croisés, de belles figures … Les personnages sont forts, et pour un récit qui tourne quand même beaucoup autour de l’enfance, la fin douce-amère et ouverte m’a surprise et m’a ravie !

Mais ce que j’ai le plus aimé dans ce conte de Noël, c’est l’importance de la gentillesse. La qualité principale du héros ici n’est pas le courage, la force ou même l’héroïsme, mais tout simplement la gentillesse. Et c’est cette qualité qui fait que seulement lui et personne d’autre peut arriver au bout de sa quête. J’ai tellement aimé ça !

C’est donc un roman touffu, parfois un peu fouillis, qui peut parfois perdre le lecteur dans les méandres de son Opéra mais la magie opère puisqu’on ne veut plus en sortir !

La version que vous voyez sur ces photos est un objet désormais rare puisqu’Aeternam Opéra n’est plus édité chez Durand Peyroles. J’avais prévu en cette fin d’article de vous inciter à envoyer plein de bonnes ondes à Laetitia pour que cette histoire retrouve un éditeur mais il y a quelques jours l’heureuse nouvelle est tombée : Aeternam Opéra verra de nouveau le jour chez Aeternam AS éditions, une bébé maison lancée par ma douce Alice Sola ! N’est-ce pas merveilleux ? Il me tarde tellement de voir ce que cela va donner !

 

Vous aimerez peut-être aussi...

1 comment

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *